Dans un faubourg de Chiang Rai, un artiste contemporain réinterprète l’architecture des temples boudhistes traditionnels à base de reliefs blancs et argent. Le Wat Rong Khun est en construction permanente. Cette vision meringuée du paradis de bouddha ne sera achevé qu’en 2070.
Dans un parc public du centre de Chiang Raï se tient chaque année un très coloré festival des fleurs. Au milieu des parterres et murs végétaux, des mannequins de vitrine revêtent d’extravagantes robes en fleurs de couleurs. Le summum est constitué de robes de fleurs imitation ballon de foot ou balle de tennis.
Pourquoi le sud-est asiatique nous semble á nous occidentaux plus féminin que notre continent ? A cause de ces milliers d’odeurs de fleurs, des saveurs végétales de la cuisine, du rose et du jaune des vêtements. Parce que certains hommes vivent leur ambiguïté de genre en plein jour. Et surtout parce que les femmes occupent sans cesse l’espace des rues, des commerces et des marchés. Frèles et menues comme des collégiennes, fières et déterminées, par groupes, sur leurs scooters, zébrant l’émeraude des rizières ou le gris des rues de leurs fines jambes nues et très blanches.
Des millions de conducteurs masqués de deux-roues inondent les avenues coloniales de l’ancienne Saïgon. La plus grande ville du Vietnam pulse 24 heures sur 24, depuis les toits panoramiques des gratte-ciels jusqu’aux entrelacs de venelles où les portes sont ouvertes jour et nuit.